L’histoire d’un Panthéon entièrement consacré à l’histoire sportive canadienne a commencé avec les efforts de Harry Price. En 1947, comme président du comité sportif du Centre de l’Exhibition nationale (C.E.N.), il a parcouru le pays afin de trouver du soutien en vue de la construction d’un musée consacré aux athlètes canadiens présents et passés, un endroit où l’on pourrait célébrer leurs nombreux exploits. Huit ans plus tard, sur l’ordre de Price et Bert Powell, directeur de la publicité du C.E.N., des représentants sportifs de chacune des provinces canadiennes convergèrent vers Toronto pour finaliser les plans du musée. La rencontre inaugurale s’est tenue le 10 juin 1955 lorsque le comité a procédé à l’intronisation d’un premier groupe de 53 athlètes.
La caserne Stanley abritait ce qui était alors de Panthéon des sports canadiens et les cérémonies d’ouverture se sont déroulées le 24 août 1955. Même pour l’époque, l’ouverture était plutôt modeste, mais elle comportait néanmoins l’allumage symbolique d’une flamme qui allait devenir l’image centrale du logo original. Lors de la fondation du Temple de la renommée du hockey en 1957, les deux panthéons ont partagé l’ancien bâtiment de l’administration et de la presse sur les lieux du C.E.N., à proximité des portes Dufferin.
En 1961, la Ligue nationale de hockey a financé la première aile du nouveau bâtiment au sud-est du bâtiment de la presse. Le Temple de la renommée du hockey et le Panthéon des sports canadiens ont partagé cet espace durant six ans. En 1967, une aile a été ajoutée pour donner au Panthéon des sports canadiens ses propres quartiers grâce au financement de la ville de Toronto, ce qui permettait du même coup au Panthéon des sports canadiens d’assumer son identité indépendamment du Temple du Temple de la renommée du hockey.
Le Panthéon de sports canadiens constitue l’un des plus vieux panthéons en Amérique du Nord. Il a pour objectif d’honorer les Canadiens et Canadiennes qui ont contribué à l’essor du sport au niveau national en tant qu’athlète en comme bâtisseur dans les coulisses. Au fil des ans, le Panthéon a élargi ses horizons pour faire place également aux journalistes et commentateurs sans oublier d’illustres contribution comme celles de la goélette Bluenose ou le remarquable cheval Big Ben. Des photos et des citations des membres honorés font partie du décor des galeries du Panthéon, en plus d’artéfacts et de souvenirs ayant appartenu aux membres honorés et qui font partie du patrimoine sportif canadien.
À ce jour, le Panthéon des sports canadiens compte 499 membres honorés dans 56 disciplines sportives différentes. Il est dirigé par un conseil d’administration composé de personnes actives dans le monde du sport et des affaires à travers le pays. Harry Price fut le premier président du conseil. En 1969, il fut remplacé par Harold Rea qui était alors président du Comité d’études sur les sports au Canada. Rea exerça des pressions sur le gouvernement fédéral afin d’améliorer le Panthéon des sports canadiens et à cette fin le ministère de la Santé nationale et du Bien-Être social a investi 30 000 $. Rea a engagé deux conseillers du Comité d’Études, soit Douglas Fischer et S.F. Wise, pour écrire un livre sur les exploits des athlètes canadiens. Intitulé Canada’s Sporting Heroes, l’ouvrage rend hommage aux athlètes canadiens tout en mettant l’accent sur l’importance des sports au Canada tant sur plan historique que culturel. Price avait une perspective sociale des sports, qui unit les Canadiens d’un océan à l’autre. Les sports, selon lui, ont permis l’émergence de héros canadiens et ce sont ces héros- dans les domaines de la politique, des arts et du sport, qui définissent l’histoire et la culture d’un pays. Leurs exploits ont grandement contribué à la fierté nationale et, par le fait même, à l’identité canadienne.
Rea s’est retiré en 1975 pour être remplacé par Harry Foster. C’est pendant le règne de Foster, qui a duré dix ans, que l’étage inférieur du Panthéon a subi d’importantes rénovations pour procurer plus d’espace d’exposition afin d’accueillir de nouveaux membres et un nombre croissant d’artéfacts et de souvenirs. Cet agrandissement a été financé par le ministère fédéral de la Condition physique et du Sport amateur.
En 1984, Jake Gaudaur Jr. A pris la relève de Foster au poste de président. Il a amassé 1,25 million $ pour permettre d’autres rénovations cette fois à l’étage principal. L’ancien commissaire de la Ligue canadienne de football a réussi à obtenir l’appui financier du secteur privé en accueillant cinq commanditaires principaux contribuant chacun la somme de 125 000 $ au Panthéon pour l’achat et la mise en place d’un système vidéo de haute technologie permettant aux visiteurs de sélectionner la biographie d’un membre honoré et de la visionner (le cas échéant) en action. Bien qu’ordinaire de nos jours, il s’agissait à l’époque d’une technologie d’avant-garde. Le financement supplémentaire aura permis au Panthéon de réorganiser et de construire de nouvelles vitrines d’exposition pour plus de 3 000 artéfacts, en plus d’ériger le Mur de l’Excellence à l’entrée du Panthéon où les noms des membres honorés sont inscrits aux côtés des commanditaires suivants : Brasseries Carling O’Keefe Ltée, Steve A. Stavro, General Motors du Canada Limited, Petro-Canada Inc., et Nabisco Brands Limited. En tout, le Panthéon des sports canadiens occupe plus de 5 679 mètres carrés de surface d’exposition et de bureaux.
Au début des années 1990, une baisse de l’activité a signalé un besoin de changement pour raviver l’intérêt du public pour le Panthéon. Le secrétaire d’État au Sport amateur du Canada a soutenu une proposition pour délocaliser le Panthéon à la capitale du pays, croyant qu’Ottawa serait l’endroit idéal pour une institution sportive nationale. En 1997, le Conseil d’administration du Panthéon a décidé de mettre en place un nouveau plan confirmant Ottawa comme l’emplacement choisi. Le Panthéon a alors pris part à un protocole d’entente de cinq parties avec le gouvernement fédéral pour aménager au Centre de conférences du gouvernement à Ottawa. Le réaménagement et le but proposés ont été chaleureusement accueillis par des partenaires industriels et le gouvernement provincial de l’Ontario. En fait, grâce à cette nouvelle vision, le Panthéon a amassé plus de 17 millions de dollars en engagements provenant du secteur privé.
Le Panthéon a dépensé près de 2,73 millions de dollars en études de faisabilité et techniques, en plans architecturaux et de conception, en planification de personnel et de projet avec plusieurs départements et différents niveaux gouvernementaux. Malgré cette importante dépense, encourue principalement afin de satisfaire les demandes du gouvernement fédéral, le gouvernement a interrompu de façon impromptue les plans de réaménagement du Panthéon au Centre de conférences et a offert en substitution l’édifice connu sous le nom du Musée canadien de la photographie contemporaine. Après des dépenses supplémentaires par le Panthéon, la deuxième offre a aussi été retirée par le gouvernement fédéral.
Ces tentatives manquées de délocalisation ont amené une halte à la croissance du Panthéon, mais grâce au dévouement et à la détermination du Conseil d’administration et aux amis du musée, de nouveaux efforts énergiques continus d’assurer le futur du Panthéon des sports canadiens comme l’organisation dominante de la communauté sportive canadienne. En octobre 2008, le Panthéon a annoncé qu’il aménagerait au Parc Olympique du Canada, à Calgary. La planification va de l’avant et le Panthéon espère ouvrir ses portes au début le printemps 2011.










